J’ai découvert le travail de Tacita Dean à l’occasion des recherches sur le projet Crowhurst. Cette découverte m’a – un temps – découragée… Comme souvent quand on découvre que quelqu’un est passé avant (et c’est toujours le cas), on se dit « à quoi bon ? » avant de se rendre compte qu’il n’y a plus différent d’un regard qu’un autre regard et que la somme de tous ces regards est d’une richesse infinie.

Tacita Dean a travaillé sur Donald Crowhurst. Elle est allée sur l’épave du Teignouth Electron à Caiman Brac dans les îles Caiman et en est revenue avec une vidéo, des photographies et un livre. J’aime énormément son écriture serrée et factuelle. Quelques textes synthétiques qui donnent une idée très précise de la richesse de son univers et de la façon dont son esprit tisse son œuvre, à mailles serrées et patientes. Elle s’est peu interessée aux autres protagonistes de cette histoire, mais elle cite, en revanche, les quarantièmes rugissants qui sont à l’origine de mon projet. Dire que Jacques Perrin considère ce film comme raté et qu’il est la cause d’un long et pénible endettement…

Tacita Dean, Teignmouth Electron, Cayman Brac, 1999

Par la suite, j’ai découvert les dessins à la craie sur tableau noir et les photogravures de Tacita Dean, qui en plus de me charmer sur le plan du sens, m’ont enthousiasmée sur le plan formel. Son approche qui part d’un détail, d’un fait météorologique ou d’un personnage réel est d’une grande influence sur mes propres travaux comme Fictions d’Août à Décembre (qui part des lignes de partage des eaux) et le Projet Crowhurst.

Tacita Dean : T&I, Photogravure in 25 parts, 2006

Tacita Dean, Beautiful Sheffield, Photogravure with etching, 2001

Tacita Dean, Ship of Death, from the series The Russian Ending, 2001

Tacita Dean, Ship of Death, from the series The Russian Ending, 2001

Sources : ArtNet, The Highlights, The Bureau of open culture