Il y a des mois de ça, j’ai passé une après-midi au cinéma, une soirée au restaurant, une petite de promenade dans la nuit chaude de l’été. Quelque part entre la rue du bac et la rue de Verneuil, j’ai vu une photographie en vitrine. C’était la devanture d’une agence immobilière. En vitrine et sur les murs à l’interieur (plus faiblement éclairés) j’ai vu les photographies de facades dans le crépuscule, avec des écritures au néon, à l’américaine. Une mabiance de cinéma, avec beaucoup de grain et de profondeur. Toute une histoire en un cadrage unique. Les images m’ont paru belles et je ne voyais pas le nom de l’auteur. Par négligence, ou par excès de confiance en ma mémoire (qui me fait pourtant si souvent défaut) je n’ai noté ni l’adresse, ni les coordonnées de l’agence. Quelques jours après, j’ai voulu retrouver ces images, mais je n’arrivais plus à me souvenir de rien… J’ai épluché les photographies de facades de GoogleMaps (un outil redoutable à bien des égards), rassemblé les (trop) nombreuses adresses des agences immobilières du quartier, puis, après quelques heures tout de même, dépitée, j’ai abandonné.

Quelques mois plus tard, je suis retournée dans ce quartier. C’était la nuit de nouveau et cette fois il faisait froid. Après avoir un peu tourné en rond, j’ai retrouvé la vitrine… Sans les photos… qui avaient été remplacées par d’autres… J’ai noté l’adresse et je suis repartie. Quelques jours plus tard, j’ai tapé cette adresse sur internet, trouvé un site, enregistré un favori. On m’a appelée. j’ai fait autre chose. Mais je me souvenais de ces images. Elles habitaient quelque part en moi, associées au souvenir d’une bonne journée et à la chaleur de l’été.

Aujourd’hui, complètement par hasard, effectuant quelques recherches sur internet, je tombe sur ce favori, qui me mène encore plus par hasard sur un blog, qui me fait prendre conscience que peut-être, je peux retrouver ces images perdues… Je plonge de plus en plus profondément dans les archives et je finis par les y trouver, là, bien semblables à mon souvenir, crépusculaires, d’une couleur passée – profonde et fascinante – avec ce grain spécifique, cette texture argentique, ce velouté bien particulier…

L’auteur de ces images désirées, c’est Jim Mc Hugh. Et en voici quelques-unes…

Jim McHugh, Orpheum theater, Mixed media archival pigment print
46 x 38 inches

Jim McHugh, Las Palmas Apts., 2009

Sources : Jim McHugh, transacmer