D’où me vient ce désir de raconter des histoires ? Et d’où me vient l’empêchement ?

Dans ma pratique de plasticienne, mais c’est également parfois vrai dans ma pratique de graphiste, je suis toujours tentée de vouloir raconter des histoires. J’ai même axé une grande partie de mon travail sur la fiction. Mais finalement, je ne suis pas très à l’aise avec cette notion. A cheval sur le littéraire, le poétique, le visuel, je ne sais pas toujours quel médium doit avoir le primat sur l’autre ni  s’il est nécessaire que ce primat existe. Je me dis que si je veux raconter une histoire, il faut que je sache où je veux en venir, et à dire vrai… je n’en sais strictement rien.
Je n’ai pas de message à faire passer.
Pas de posture ou d’attitude à prendre.
Pas la conscience d’un regard plus intéressant que celui de mon voisin.
Alors quoi ? On fait quoi d’un désir d’histoire quand celui-ci ne s’incarne dans rien ?

J’ai toujours grand plaisir à faire naitre des histoires en accolant deux termes bout à bout… Une photo et un mot… Une photo et une autre photo. J’ai toujours l’impression qu’il se passe quelque chose dans ce collage arbitraire. Mais ça ne fait pas œuvre ça…! Et s’il m’arrive de le croire on se charge de bien me faire prendre conscience du contraire. Je ne peux pas en vouloir à ceux qui me mettent en garde, moi-même je ne suis pas toujours convaincue…

Ce dont je suis convaincue, c’est que le temps travaille pour moi. Le temps fait un sacré travail.Et si je ne suis pas totalement passive, si je me documente, si je travaille, si je m’agite, c’est parce que cet allié précieux travaille à mes cotés. Je me dis qu’il saura dégager les trames, les lignes de force et qu’un jour, sans même que j’aie à m’en préoccuper, un dessein apparaitra de ce dessin désordonné.