Comme je le disais, le « Projet Crowhurst » s’appuie sur des faits réels.

En 1968, neuf hommes se lancent dans une course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance par les trois caps. C’est la Sunday Times Golden Globe Race.
Les concurrents pouvaient partir au moment de leur choix entre le 1er juin et le 31 octobre 1968 et devaient effectuer le tour du Pôle Sud. Cette première course fut un cuisant échec.

Sur les neuf concurrents, quatre ont abandonné avant d’avoir quitté l’Atlantique ; Sur les cinq restants, Chay Blyth passa le cap de Bonne espérance avant d’abandonner, Nigel Tetley fut à quelques miles de gagner la course, croyant être dépassé par Donald Crowhurst, ce qui le contraignit à pousser son bateau au delà de ses capacités et le fit naufrager, Donald Crowhurst, donné pour gagnant après avoir fabriqué un parcours de toutes pièces, se suicida, Bernard Moitessier fit le choix radical de ne pas revenir et recommenca son tour du monde une seconde fois et enfin, Knox-Johnston finit la course et la gagna, seul des concurrents à finir officiellement la course.

L’histoire tragique de cette course marqua suffisamment les esprits pour qu’on en abandonne l’organisation. Il fallut attendre 13 ans avant que le Vendée-Globe ne naisse de cette première et désastreuse expérience. Cette course qui n’a lieu que tous les quatre ans a désormais un succès retentissant.

Bien que cette histoire ait été relayée par des films, l’œuvre d’une plasticienne, des ouvrages et des documentaires journalistiques, elle est peu connue en France. Quand j’ai découvert son existence en voyant le film de Jean Chalonge (qui la romance) « les quarantièmes rugissants », j’ai été immédiatement saisie par l’ironie et le tragique qui s’en dégage.
Cette histoire dit des humanités si extrêmes qu’elle semble recouvrir une forme de magie. Il y a du tragique dans cette histoire, et du tragique sacré. L’homme est dérisoire hors de son milieu.