Les couloirs de la maison de retraite ont des noms. De vieux acteurs… Des gens de sa génération. Il adorait Fernandel, Bourvil, De Funès, la traversée de Paris, La grande vadrouille
Je ne sais plus dans quel film, mais il y a une scène où un des protagonistes, la tête emballée dans des pansements dit « Qu’est-ce ki dit ?! ». C’était un de ses gimmicks. Sourd comme un pot, il avait souvent l’occasion de le dire. Et il rigolait ! Il disait tout son mal à communiquer, mais il n’en faisait pas un drame. Il riait souvent papy.

Sur cette photo, il ne rit pas. Il tient son équilibre. Mais il était fier d’être encore debout. Très longtemps, tant qu’il a pu marcher, il a marché vite. Il aimait montrer qu’il était encore indépendant. Il traversait les couloirs et les salles à toute vitesse. Et plus tard, quand il était sur un fauteuil, il aimait qu’on aille vite aussi. Il aimait bien doubler les autres vieux. Il avait l’esprit de compétition papy.


Ce texte fait partie d’une série, publiée à la manière d’un feuilleton sur Chronotes.
Vous pourrez lire l’ensemble de ces textes dans la catégorie « Le Veuf et l’inconsolée »

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