Parfois, je choisissais un autre hôtel. Au lieu d’aller dans la zone industrielle, je me réfugiais près de la mer. L’hôtel était presque toujours désert. Je descendais faire un tour, marchait dans les dunes, sur la plage.
Je me reposais de lui.

Pendant des années, nous avons mangé dans cette maison, à Noël et au jour de l’an. Tous les ans, pendant très longtemps. Jusqu’à ce que la famille qui le tenait ne le vende. Je me souviens de la propriétaire qui faisait le tour des tables et serrait toutes les mains. Ça lui prenait des heures de faire le tour de tout le monde. Elle les connaissait tous. Et petite, j’étais fière de mon grand-père que tout le monde venait saluer. Elle passait un long temps auprès de lui, égrenant le nom des amitiés communes, les anecdotes et les péripéties d’une ville de province.

Que restait-il des traditions familiales quand je retournais là-bas, des années plus tard, le restaurant ayant fermé et l’hotel ayant été rénové. Il ne restait que la mer et la plage et la lumière dans la nuit. Et le chant du ressac dans la chambre. Et l’odeur des dunes, cette odeur si particulière, odeur de sable et d’herbes sèches couchées sous le vent. Et la sensation d’une solitude sereine, parfois mélancolique et souvent exaltée.


Ce texte fait partie d’une série, publiée à la manière d’un feuilleton sur Chronotes.
Vous pourrez lire l’ensemble de ces textes dans la catégorie « Le Veuf et l’inconsolée »

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