Nous sommes dans la salle du premier étage de la maison de retraite. Je lui ai dit que je tenais une sorte de journal photographique. Il est très fier de poser. Ça jour-là, il collabore activement. Il marche encore, il voit encore un peu, il entend de moins en moins.

Je veux faire une sorte de portrait officiel. C’est mon portrait présidentiel à moi. C’est Le Président. La maison lui appartient. Il fait partie des plus vaillants. Je suis infiniment fière de lui. Il y a plusieurs de ces tableaux dans la maison de retraite et je les ai toujours aimés. Les voir m’apaisait. Quand j’arrivais, après 550 km de voiture, voir ces toiles me disait « tu es arrivée ». Je montais au premier étage par l’escalier ou l’ascenseur et je me dirigeais vers la porte immatriculée « super papy » ! J’ouvrais la porte et il était toujours, toujours heureux de me voir. Parfois, il se mettait à râler dés les premières minutes et je sentais que ça allait être difficile. Mais la plupart du temps, il reprenait la conversation là où nous l’avions laissé la veille au téléphone. Parfois, comme j’étais arrivée la veille au soir, il commençait à téléphoner aux aurores pour me demander quand j’arrivais.


Ce texte fait partie d’une série, publiée à la manière d’un feuilleton sur Chronotes.
Vous pourrez lire l’ensemble de ces textes dans la catégorie « Le Veuf et l’inconsolée »

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