« Le fait que dans certains films, il faille autant de travail (images captées par la caméra, retravaillées sur ordinateur et numérisées, modélisation partielle et habillage, inclusion de scènes, brocilage de différentes techniques de reproduction) pour arriver à une scène paysagée que, pense-t-on, on pourrait voir naturellement sans tout cet attirail… est révélateur du travail que nous faisons sans le savoir quand nous « voyons » un paysage. » Anne CAUQUELIN, L’invention du paysage, PUF, 2000, p.8.

Construire un paysage, c’est du travail de reconstruction, d’extraction de matière, de déplacement de matière, d’export et d’import de matière, de transplantation de concepts. C’est un décollage et un recollage permanent. Transcrire un paysage, c’est restituer le regard dans le cadre. C’est décider de circonscrire et de mettre l’accent sur un carré, un rectangle, une forme déterminée.

C’est, pour moi, délimiter une zone de non-agression. On ne peut y entrer et en sortir qu’en état de bienveillance…