J’adorerais pouvoir me baigner dans une piscine de cette taille, entièrement vide. Je ferais la planche en regardant la forme des nuages, flottant à l’ombre des plongeoirs, il n’y aurait pas une vaguelette, pas un bruit, que le chant des oiseaux pas trop loin et le bourdonnement des insectes, parce que ce serait l’été et qu’il ferait chaud.

Peut-être même que je grimperais sur un des plongeoirs, timidement d’abord, puis de plus en plus hardie. Je nagerais en long et en large, et comme le bassin est grand, j’irai m’allonger sur un transat, fourbue.

Mais c’est l’hiver. La piscine de mon quartier est toujours bondée, pleine comme un œuf, ça sent le chlore, on en sort les yeux bouffis, la peau desséchée. On y voit le ciel par une multitude de petits hublots sur sa grande demie coque orange. Nager signifie éviter l’enfant qui se noit et le crâneur qui fait son dos crawlé sans souci de ses voisins.

L’imagination, guys, me sauve d’un grand ennui !

Le grand bassin - Dessin : Agnès Cappadoro