Dans le cadre de mes recherches pour le « projet Crowhurst », je reviens encore une fois à la cartographie.
Mes neuf humains flottant sont des points sur une carte, mouvants, flottants. De points, ils deviennent parcours, puis traces, sillages et finissent par se diluer dans la carte comme des vaisseaux fantômes. Associés à des villes de départ et parfois d’arrivée puis à des latitudes et des longitudes… Ils sont d’abord ces points fixes sur lesquels je prend appui, puis ils se désolidarisent du socle…

« La carte, c’est le simulacre du voyageur absolu »
Louis Marin
« Les Voies de la carte », Cartes et figures de la terre,
Paris, Centre Georges Pompidou, 1980.

carte :
– représentation d’un espace géographique /
– rend compte de l’étendue de cet espace /
– de sa localisation relativement aux espaces contigus /
– de sa configuration, sa nature, ses caractéristiques /
– met en jeu les notions d’échelle et de relativité.
– peut être de types multiples ( routière :: cadastre :: marine :: topographique :: historique :: géologique :: politique :: météorologique :: PLU & POS :: prévention des risques…)
– peut-être objet visuel et/ou littéraire, support d’imagination (tendre :: trésor :: utopie…)
– réelle/fausse

Dans cette histoire, il y a une impossibilité ; celle d’embrasser en un seul regard les tenants et les aboutissants de cette histoire. Aucun des neufs hommes ne croise jamais l’autre et pourtant ils partagent quelque chose d’un lien dont nous sentons la force sans pouvoir en saisir la nature. Et ce lien n’est pas le seul amour de la mer, de la compétition ou de l’argent. Cela va au-delà de la navigation et de ses à-cotés. Pourtant, c’est un peu que je souhaite faire -> rendre tangible ce lien invisible et indicible et le donner à ressentir en une seule et saisissante fois. En un seul regard, neuf histoires concentrées. La carte permet cette vision scopique, cette approche par le haut. Les neufs modules seront à la fois dans le plat et dans le volume, visible d’en haut comme objets immersifs…