Pour ceux qui ont commencé le design graphique il y a 10 ans en freelance, il peut paraître difficile de rester dans le train de la modernité. Quand j’ai démarré en autodidacte il y a 15 ans, il n’y avait pas grand chose sur les thématiques qui m’intéressaient sur le net. Et ce qui existait était d’une laideur dont on ne se souvient plus (et c’est tant mieux). Il n’y avait aucun texte critique sur le métier, pas d’ouvrages en français, pas d’interlocuteurs identifiables, pas de tutoriels sur les logiciels. Aujourd’hui, il n’y a pas un sujet qui n’ait son blog, son ring, sa communauté. Les informations abondent… Et débordent.
À cela s’ajoute la multiplicité des réseaux dont il faut être sous peine de devenir invisible. Facebook, Google +, twitter, behance, vimeo, instagram et j’en passe ; chaque média a son réseau, chaque pensée a son format.
Et au dessus de ce mille feuille, cerise sur un gâteau qui va finir par être indigeste, une belle couche d’événements. Dont on n’a connaissance qu’en faisant partie des réseaux cités plus haut et même la, pas de garantie de les repérer.
Les petites poucettes sont tombées dedans au berceau mais pour les autres il faut une sacrée ouache et un considérable esprit de survie pour se maintenir à flots. Il ne suffit plus de veiller au dessein du dessin et à la belle image, il faut apprendre cette nouvelle grammaire informationnelle bien souvent déployée en anglais dans le texte, ce qui ne facilite pas la tâche des frenchies dont l’oreille n’est guère musicale et pas bien douée pour les langues étrangères.
Il faut réinventer une organisation pas seulement du temps mais surtout de la pensée pour se retrouver dans ce maelström. Personnellement je refuse de me laisser distancer et je déploie une énergie conséquente à me tenir au courant.
Or, il y a quelques jours, Geoffrey Dorne (petit poucet s’il en est) s’étonnait dans son excellent blog de ne pas voir plus de designer graphique dans les événements auquel il participe. Sur une dizaine d’événements cités je n’en connaissais qu’un seul auquel je m’étais effectivement rendue. J’ignorais l’existence des autres : start-up weekend, hackaton et autres barcamp m’étaient totalement inconnus. Les concepts même de ces événements m’étaient parfaitement étrangers. Or il me semble que nous avons notre place dans ces lieux d’agitation de pensées, justement parce que nous n’avons pas les automatismes des petites poucettes, nous avons des choses à apprendre d’eux et eux de nous. J’invite les petits loulous a me donner des leçons ! Je suis toute ouïe !

Blog de Geoffrey Dorne

Article cité